Brèves

« Perception et représentation », par Claude Romano

« Perception et représentation »

conférence par Claude Romano (Sorbonne Université)

Samedi 21 mars 2026, 16 h – 18 h

au Centre Panthéon, 12 place du Panthéon, Paris 5e, salle 1 (esc. M, 1er étage)
retransmission en visioconférence

Inscription obligatoire (voir ci-dessous)

Depuis le XVIIe siècle, la plupart des théories de la perception acceptent l’idée selon laquelle celle-ci est de l’ordre d’une représentation, c’est-à-dire d’un intermédiaire mental et épistémique situé entre l’esprit et le monde. L’objet perçu différerait donc numériquement (et peut-être qualitativement) de l’objet réel, et cette prémisse sous-tend aussi bien l’idéalisme transcendantal dans ses différentes versions que le réalisme représentatif.
À la lumière des débats contemporains très nourris qui ont vu le jour dans la philosophie de la perception, en particulier dans les théories disjonctives de la perception et les travaux qui se sont développés dans le champ de la cognition incarnée (embodied cognition), nous défendrons la thèse selon laquelle le rapport entre l’esprit et le monde est plus direct que cela, et qu’il convient plutôt de rejeter purement et simplement la prémisse citée. 
Il s’agira par conséquent de défendre en théorie de la perception non seulement un réalisme direct (affirmant que nous percevons  directement le monde dans son indépendance par rapport à nous-mêmes), mais encore un réalisme naïf (affirmant que la chose elle-même et ses caractéristiques sont des constituants indispensables de la perception). Comme l’écrit Merleau-Ponty – qui pourtant ne se considérait pas lui-même comme un réaliste –, « il ne faut pas se demander si nous percevons vraiment un monde, il faut dire au contraire : le monde est cela que nous percevons ». Cette position se fonde aussi sur une réinterprétation de la notion husserlienne de « monde de la vie » qui la dépouille de ses présupposés idéalistes et conduit à penser très différemment l’inhérence à ce monde de notre corps, en refusant la dualité husserlienne du Leib et du Körper. Le réalisme naïf se présente dès lors aussi comme un réalisme phénoménologique, mais en un sens non husserlien de cette notion.

Inscription obligatoire  (aussi bien pour l’accès à la salle que pour la visioconférence) au plus tard le 18 mars via ce formulaire.