Brèves

XXXVIIIe Congrès ASPLF 2021

Le XXXVIIIe Congrès de l’ASPLF sur le thème de « La participation » aurait dû avoir lieu en 2020. Il a été reporté en 2021 en raison de la situation sanitaire (voir le communiqué du 8 avril 2020).

– Une première partie se déroulera exclusivement en ligne, sur plusieurs semaines, du mardi 27 avril 2021 au mercredi 23 juin. Elle réunira, selon un programme défini, les communications présentées dans les diverses sections du Congrès (Ontologie ; Logique et langage ; Art, culture, éducation ; Politique, société, communication ; Travail, technologie, industrie). Les auteurs des communications seront invités à résumer pour discussion un texte de 25.000 signes maximum, préalablement déposé sur la plateforme https://laparticipation.sciencesconf.org/ au plus tard le 31 mars, il sera consultable par tous les inscrits.

– Une deuxième partie, « présentielle » (sous réserve que la situation sanitaire l’autorise), aura lieu à Paris, avec retransmission numérique et possibilité d’interventions à distance, les vendredi 25 et samedi 26 juin. Elle réunira, sur quatre demi-journées, les conférences et tables rondes plénières. Le programme de cette deuxième partie (Journées de Paris) est d’ores et déjà disponible, comme un certain nombre d’informations, sur ce site. Les lieux (centraux) de ces Journées seront précisés ultérieurement.

L’inscription au Congrès en ligne est gratuite mais impérative (y compris si vous ne présentez pas de communication), à l’adresse: participation@sofrphilo.fr

Sur la réforme du CAPES 2021

La Société française de philosophie a fait état de ses inquiétudes dès 2019 au sujet du projet de réforme du CAPES (voir le communiqué de 2019).

Le 29 janvier 2021 a été publié au Journal officiel le texte de l’arrêté du 25 janvier 2021 réformant le CAPES. Se joignant à de nombreuses associations de professeurs et à de nombreuses sociétés savantes, la Société française de philosophie a signé le texte ci-dessous.

Texte de la Conférence des Associations de professeurs spécialistes sur la réforme du CAPES
février 2021

Cette tribune est également publiée sur le site du Journal du Dimanche – JDD (12 février 2021.)

Le ministère de l’Éducation nationale vient de publier un arrêté1 réformant, pour la troisième fois en une dizaine d’années, le recrutement et la formation des professeurs de collèges et lycées. S’il est bien des constats communs à tous les formateurs dans nombre de matières, c’est l’actuelle faiblesse de beaucoup de candidats dans les connaissances académiques et la perte d’attractivité des métiers d’enseignement. Cette réforme y répond-elle ? Assurément pas. Les universités et les instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation (Inspe), en charge de la formation des futurs enseignants et de la préparation des concours des CAPES et CAPET, sont sommés d’improviser des maquettes applicables dès la rentrée de septembre 2021. Cette précipitation reflète un constat lourd de conséquences : celui du refus ministériel de discuter sereinement d’une réforme majeure pour l’avenir de la jeunesse et du système éducatif, donc pour la société tout entière.

Deux nouveautés sont particulièrement inquiétantes, dans les épreuves des CAPES et CAPET et dans l’organisation des deux années de master MEEF qui préparent à ce concours. Une épreuve orale à fort coefficient consistera désormais en un entretien de motivation non disciplinaire, qui aboutira sans doute à la récitation mécanique et creuse d’une leçon de morale civique, réduisant d’autant la possibilité d’évaluer les connaissances que le futur professeur devra transmettre à ses élèves, et ce dans l’ensemble des disciplines qu’il devra enseigner. Par ailleurs, dans la nouvelle organisation du master, les étudiants devront, au cours de la deuxième année, cumuler la préparation du concours, la rédaction d’un mémoire de recherche, et un stage très lourd devant plusieurs classes, alors que jusqu’à présent ce stage s’effectuait une fois le concours obtenu, laissant à l’enseignant en formation le temps et la disponibilité pour apprendre véritablement le métier. Cela offrirait au ministère de gros bataillons de stagiaires scandaleusement sous-payés – peut-être est-ce là la vraie raison, purement comptable, de cette réforme – mais mettrait devant les élèves des enseignants dont le niveau disciplinaire n’aurait pas encore été évalué, et dont la charge de travail rendrait impossible l’investissement nécessaire dans la préparation des cours et l’apprentissage du difficile métier d’enseignant. Les premières victimes en seraient les élèves et les jeunes enseignants, sacrifiés sur l’autel de la rigueur budgétaire.

Ne nous y trompons pas : ces changements, qui peuvent apparaître techniques, mineront en profondeur la qualité de l’enseignement qui sera offert aux futures générations. Les professeurs n’exercent pas un métier comme les autres : ils forment les adultes et les citoyens de demain. Ils sont porteurs d’un savoir qu’ils transmettent à leurs élèves, souvent avec passion, et ce savoir doit plus que jamais être défendu comme une valeur centrale de l’enseignement, à l’heure où il est menacé de toutes parts par des « vérités alternatives » portées par des groupes et des individus prêts à les imposer par la violence et même le crime. Ce savoir ne s’oppose pas à l’apprentissage de la didactique, mais est au contraire le socle indispensable d’une pédagogie solide qui permet au professeur de transmettre les connaissances et de former à l’esprit critique les futurs citoyens. Affaiblir le premier au prétexte de renforcer le second, au nom d’une professionnalisation mal pensée, prétexte depuis si longtemps à tous les mauvais coups portés à la formation des enseignants, est une absurdité qui ne conduira qu’à affaiblir cet équilibre nécessaire.

Quels professeurs voulons-nous pour les générations de demain ? Des techniciens de l’enseignement, formés et évalués suivant un système de compétences transdisciplinaires qui tendent à se substituer aux contenus et méthodes de nos disciplines, immédiatement employables et à qui l’on demandera simplement de restituer un savoir officiel, dûment contrôlé ? Ou des professeurs maîtrisant pleinement leurs savoirs et capables à partir de là de construire une pédagogie adaptée à leurs élèves ? En amputant drastiquement la part de contrôle des connaissances dans les épreuves du CAPES et du CAPET, en réduisant la formation disciplinaire des futurs enseignants, en sacrifiant leur année de stage pour faire des économies budgétaires, le ministère a fait un choix lourd de conséquences, qui n’a pas fait l’objet d’un débat public contradictoire. L’enjeu est aussi celui de l’attractivité du métier d’enseignant pour les étudiants, du rôle de l’Université dans la formation des maîtres et celui de la revalorisation symbolique et matérielle des professeurs. Recruter au rabais, qu’est-ce promettre à la jeunesse ?

C’est pourquoi nous demandons que cette réforme mal préparée soit reportée et qu’une nouvelle version des arrêtés soit précédée d’une authentique concertation avec tous les acteurs du secteur éducatif, et non imposée à la va-vite dans le contexte de crise sanitaire actuel.

Signataires :

Association des Formateurs des Professeurs de SVT (AFPSVT)
Association Française d’Etudes Américaines
Association française de sociologie (AFS)
Association des germanistes de l’enseignement supérieur (AGES)
Association des historiens contemporanéistes de l’enseignement supérieur et de la recherche (AHCESR)
Association des historiens modernistes des universités françaises (AHMUF)
Association des Professeurs d’Archéologie et d’Histoire de l’art des Universités (APAHAU)
Association des professeurs de biologie et de géologie (APBG)
Association des professeurs d’éducation musicale (APEMU)
Association des professeurs d’histoire et de géographie (APHG)
Association des Professeurs de Langues Anciennes de l’Enseignement Supérieur (APLAES)
Association des professeurs de langues vivantes (APLV)
Association des professeurs de lettres (APL)
Association des professeurs de mathématiques de l’Enseignement public (APMEP)
Association des professeurs de philosophie de l’Enseignement public (APPEP)
Association des professeurs de sciences économiques et sociales (APSES)
Association des professeurs de sciences médico-sociales (APSMS)
Comité National Français de Géographie (CNFG)
Coordination Nationale des Associations Régionales des Enseignants de Langues Anciennes (CNARELA)
Sauver les Lettres
Société des Anglicistes de l’Enseignement Supérieur (SAES)
Société d’études anglo-américaines des XVIIe et XVIIIe siècles
Société française d’études irlandaises (SOFEIR)
Société Française des Microscopies (SfM)
Société française de philosophie
Société Française de Physique (SFP)
Société Française de Statistique (SFdS)
Société des historiens médiévistes de l’enseignement supérieur public (SHMESP)
Société des langues néolatines (SLNL)
Société Mathématique de France
Société des professeurs d’histoire ancienne de l’université (SoPHAU)
Union des professeurs de Physiologie, Biochimie et Microbiologie (UPBM)
Union des professeurs de physique chimie (UdPPC)

Télécharger le texte en pdf.

1 – Arrêté du 25 janvier 2021 publié au Journal officiel du 29 janvier : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043075486

Dernières publications

Derniers Bulletins parus  :

« Quelle place pour les données dans le raisonnement scientifique ? » (Anouk Barberousse) n° 2019 113 4.

« Matérialisme et métaphysique : Diderot, Maupertuis, Dom Deschamps » (Annie Ibrahim)
« Hommages à Didier Deleule » n° 2019 113 3.

« Le monde sans nous. Réflexions sur le réalisme des Modernes » (Philippe Hamou) n° 2019 113 2.

« Le monde : norme ou donné? » (Michaël Fœssel) n° 2019 113 1.

 

Revue de métaphysique et de morale dernier numéro paru :

« Charles Taylor » 2020/4 – 108

 

 

Jean-Marc Gabaude (par Anne Baudart)

[Texte lu à l’ouverture de la séance du 3 octobre 2020]

Jean-Marc Gabaude, notre collègue et ami, nous a quittés le 22 juillet 2020 à l’âge de 92 ans. Les épreuves de santé subies par lui au cours des dernières années ont mis au jour un courage d’exception et une volonté de ne pas se laisser vaincre par elles.

En juillet 2019, le philosophe faisait parvenir à ses amis un fascicule de 73 pages de type testamentaire : Philosophie grecque, moments historiques, aux Éditions universitaires du Sud. Il y livrait, en condensé, les axes de sa philosophie et de son existence de philosophe. Rendant un vif et long hommage au « moment socratique », il aimait convoquer un de ses deux maîtres1, Évanghelos Moutsopoulos et sa philosophie de la kairicité. « N’est-il pas beau et bon de clore son exister par une ouverture kairique ? Mort kairique, en kairô. Tel sera notre explicit2 ». Socrate en représentait à coup sûr une figure exemplaire. Le kairos, ce moment crucial, fugace, original et unique, investi de passé et d’avenir ne doit pas être manqué. Jean-Marc Gabaude s’est exercé, au long des jours, à l’accomplissement réussi de ce moment, dans ses diverses occurrences, dont l’ultime.

Dans ses ultima verba, justement, notre collègue et ami professe un art de vivre « stoïco-épicurien », rendant une sorte de culte à ce qui seul vaut, le présent, offrande gratuite de la Nature, quelle qu’en soit la teneur, heureuse ou non. La notion de Dieu lui semble « vide de sens », mais il respecte et ne combat pas ceux qui s’y réfèrent authentiquement. Les deux valeurs primordiales, à ses yeux, philia kai agapê, ont été actualisées par lui, continûment, dans l’existence comme dans les travaux universitaires, ou les responsabilités institutionnelles qui furent siennes. Professeur à l’Université de Toulouse, doyen de la faculté de philosophie de cette même université, il fut aussi président de la Société toulousaine de philosophie et ne négligea pas ce qui touche à la scolarisation et aux recherches et pratiques éducatives. On lui doit, par exemple, Philosophie de la scolarisation, des années 1880 aux années 19803.

Il laisse de nombreuses œuvres comme Le jeune Marx et le matérialisme antique (1970), Jean Jaurès philosophe (2000), Pour la philosophie grecque (2005), qui lui valut une distinction de l’Académie des sciences morales et politiques, le prix Victor Cousin. Un demi-siècle de philosophie en langue française (1937-1990), retraçant l’historique de l’Association des philosophies de langue française (A.S.P.L.F.) pour l’Université de Laval, lui valut également une distinction de la même Académie, le prix Claude Berthault en 1992. La liste de ses ouvrages est loin d’être exhaustive. Elle se veut soulignement de traits porteurs d’une ouverture d’esprit et d’une curiosité historienne féconde et rigoureuse. Le philosophe acceptera, en1987, sur les instances du président canadien Venant Cauchy (1980-1988), de devenir l’historiographe de l’A.S.P.L.F., lors du Colloque commémorant le cinquantenaire de l’Association à Paris, à la Sorbonne.

En effet, dès 1937, date du IXe Congrès international dédié à Descartes, l’idée germa, sur les instances de Léon Brunschvicg – président de la Société française de philosophie, et de son secrétaire général, de 1901 à 1937, André Lalande, puis de son successeur, Charles Serrus -, de regrouper la dizaine de sociétés de philosophie dispersées dans le monde en une Association internationale qui deviendra l’A.S.P.L.F. Un « Comité permanent de liaison des sociétés françaises de philosophie » se forma en août 1937. Gaston Berger fut sollicité pour en devenir le premier président (1937-1960).

Jean-Marc Gabaude, dans la lignée de ces fondateurs, continuera de diffuser leur esprit en se faisant l’artisan vivant du « lien d’amitié », socle originel de l’Association. Il aime à rappeler combien « Gaston Berger et ses amis ont voulu créer et maintenir un climat fraternel de compréhension et de « réciprocité des consciences », à travers le pluralisme souhaité des tendances, des options, des méthodes4 ». Il souligne les vertus de « l’éthique pédagogique » inhérente à l’institutionnalisation minimale des premières Sociétés de philosophie de langue française.

Lors du XIIIe Congrès de 1966, à Genève, le président Fernand Brunner (1969-1980) valorise cet axe éthique dont Jean-Marc Gabaude fait une pièce maîtresse du présent et de l’avenir de l’ASPLF :

« Notre Association n’a eu, jusqu’ici, aucune réalité en soi ni aucun caractère officiel […]. Elle est le lien d’amitié qui rattache les sociétés de philosophie de langue française les unes aux autres, lien que chaque société à tour de rôle, rend manifeste en organisant un congrès dont elle prend la responsabilité intellectuelle et matérielle.

Telle est l’Association que Gaston Berger a voulu fonder sur la confiance plutôt que sur les procédures juridiques et financières, l’Association que Georges Bastide a conservée ensuite diligemment5…».

Les Congrès organisés par les diverses Sociétés de philosophie de langue française attestent encore de nos jours ce « lien d’amitié » vécu dans la rencontre et le dialogue de philosophes d’horizons différents. Jean-Marc Gabaude, historiographe « perpétuel » de l’A.S.P.L.F., comme il aimait à se définir, s’est voulu le passeur inlassable de l’esprit des fondateurs du début du siècle dernier. Il est à ce titre, un des piliers vivants de nos institutions et de leurs manifestations intellectuelles.

Notes

1 L’autre, Georges Bastide, président de l’ASPLF de 1960 à 1969, qui avait lui-même écrit Le moment historique de Socrate, Paris, Alcan, 1939, fut professeur à l’Université de Toulouse et le directeur de thèse de Jean-Marc Gabaude : Liberté et raison : la liberté cartésienne et sa réfraction chez Spinoza et Leibniz (1970-1974).

2 Jean-Marc Gabaude, Philosophie grecque, Moments historiques, Éditions universitaires du Sud, 2019, p.30.

3 Jean-Marc Gabaude, Philosophie de la scolarisation, des années 1880 aux années 1980, Publications de l’Université de Toulouse-Le Mirail, Coll. « Amphi 7 », diffusion : Éditions universitaires du Sud.

4 Jean-Marc Gabaude, Philosopher en langue française (1900-2012), historique de l’Association internationale des Sociétés de Philosophie de Langue française (ASPLF), Éditions universitaires du Sud, 2012. L’ouvrage complète la première édition parue en 1990, Un demi-siècle de philosophie en langue française (1937-1990).

5 Ibid, p. 161-162.

Déclaration du 19 oct. 2020 à la suite de l’assassinat de Samuel Paty

La Société française de philosophie exprime son effroi devant l’assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, décapité par un terroriste islamiste pour avoir pris à cœur sa mission au service de la laïcité, des savoirs critiques et des valeurs républicaines.

Elle adresse à la famille, aux collègues et aux élèves de ce professeur ses condoléances les plus vives.

Elle s’alarme des menaces que fait peser sur la liberté de l’enseignement la culture de la haine et de l’intimidation qui s’étend toujours davantage sur les réseaux sociaux.

Elle exprime son soutien à tous les collègues qui, en particulier au collège et au lycée, luttent quotidiennement, pied à pied, contre les forces de l’obscurantisme. Il est essentiel qu’ils puissent compter dans cette lutte sur une aide et un appui sans faille de leur hiérarchie.

Elle prendra sa part de la même lutte par tous les moyens à sa disposition.

19 octobre 2020

Programme des séances 2020-2021

Ce programme est susceptible de modifications et d’additions.

Séances régulières de la Société. Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 12 place du Panthéon, 75005 Paris, salle 6 (esc. M, 2er étage) ou si nécessaire en visioconférence.

  • Samedi 3 octobre 2020, 16 h – 18 h, Bruno Karsenti (EHESS) : Religion, politique et idéologie. Un regard de philosophie des sciences sociales
  • Samedi 14 novembre, 14 h – 18 h. Séance reportée à une date ultérieure.
    Hommage à Pierre Aubenque. Avec la participation de Frédérique Ildefonse (CNRS), David Lefebvre (Sorbonne Université), Michel Narcy (CNRS).
    Nouvelles recherches sur les commentateurs anciens d’Aristote. Avec la participation de Cristina Cerami (CNRS), Alain Petit (Univ. Clermont-Auvergne), Marwan Rashed (Sorbonne Université).
  • Samedi 16 janvier 2021, 16 h – 18 h, Carole Talon-Hugon (Univ. Paris-Est Créteil) : Portrait de l’artiste en chercheur.
  • Samedi 20 mars, 16 h – 18 h, Jocelyn Benoist (Univ. Paris 1 Panthéon-Sorbonne) : D’un sensible l’autre. Sur la signification métaphysique des sensibles. Voir l’agenda.
  • Samedi 22 mai, 16 h – 18 h, Souleymane Bachir Diagne (Columbia) : De l’universalisme.

 

Séances de l’Atelier « L’art et les beaux-arts » animé par Jacques Doly et Jean-Michel Muglioni

3 séances le samedi de 10h à 12h30 à l’ENS, 45 rue d’Ulm, Paris ou si nécessaire en visioconférence.

  • Séance reportée au 20 mars 2021. Samedi 14 novembre 2020, salle Cavaillès, Guillaume Pigeard de Gurbert, Professeur de Première supérieure au lycée Gay-Lussac de Limoges : La condition esthétique de la philosophie.
  • Samedi 16 janvier 2021, en visioconférence, Jean-Marie Frey, Professeur en Lettres supérieures au lycée Henri Bergson  d’Angers : Peut-on penser l’art sans le beau ?
  • Samedi 22 mai 2021, salle Beckett, Sophie Astier-Vezon, Docteure en philosophie, Professeure en classe préparatoire aux grandes écoles au lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand : Du rôle esthétique de l’analogon dans l’art moderne selon Sartre.

Renseignements pratiques, arguments et documents sur le site des Ateliers.

 

Report 38e Congrès ASPLF à 2021

Communiqué du Comité d’organisation du 38e Congrès de l’ASPLF

8 avril 2020

La gravité de la situation sanitaire en Europe et dans le monde, ainsi que les nombreuses incertitudes portant sur les conditions dans lesquelles cette crise prendra fin, conduisent le Comité d’organisation du 38e Congrès de l’Association des Sociétés de Philosophie de Langue Française (La Participation. De l’ontologie aux réseaux sociaux) à reporter celui-ci d’une année.

Dans toute la mesure du possible, celui-ci se tiendra à Paris sur cinq journées de la fin août 2021 avec un thème inchangé.

Les dates en seront précisées dès que possible ainsi que les détails d’organisation afférents.

Un courrier a été envoyé aux participants déjà inscrits.

Voir le site du Congrès « La participation »

Hommage à Christiane Menasseyre du 16 novembre 2019

Le 16 novembre 2019, la séance de la Société a été ouverte par un bref hommage à Christiane Menasseyre.

Présentation par Denis Kambouchner

Christiane Menasseyre est décédée le 29 juillet dernier d’un malaise cardiaque. Inspectrice générale honoraire de philosophie, doyenne honoraire du groupe de philosophie, elle avait assuré durant de longues années le secrétariat général de la Société française de philosophie, particulièrement auprès de notre président d’honneur Bernard Bourgeois. Lourde tâche dont elle s’acquittait avec le très grand soin qu’elle apportait à toutes choses, nonobstant par ailleurs de très importantes responsabilités institutionnelles. Nous la revoyons tous ici même il y a quelques mois, irréductiblement fidèle et présente malgré les grandes épreuves familiales et les soucis de santé qu’elle avait traversés. Nous saluons parmi nous sa fille Anne-Sophie, elle-même professeur de philosophie.

Comme professeur de classes terminales puis de classes préparatoires, puis comme inspectrice générale, Christiane Menasseyre a formé, conseillé, encouragé, secouru lorsqu’il en était besoin, des générations de professeurs. Au sein de notre société, elle représentait et assumait l’une de ses plus importantes missions, celle d’assurer le lien trop souvent distendu entre les divers corps enseignants de philosophie – professeurs de lycée, de classes préparatoires, enseignants-chercheurs en poste à l’université.

Personnalité exceptionnelle, par son autorité naturelle doublée d’une très grande sollicitude, par sa culture qui n’était pas que classique, par cette passion de la raison qu’exprimaient son action comme sa parole, Christiane Menasseyre n’était pas seulement une figure au sein de ce que nous pouvons appeler l’institution philosophique française : elle incarnait cette institution.

Pour parler d’elle, je donne la parole à Catherine Kintzler, puis à Jacques Doly.

Interventions téléchargeables :

Catherine Kintzler, À la mémoire de Christiane Menasseyre.

Jacques Doly, Hommage à Christiane Menasseyre.

 

 

Sur le projet de réforme du CAPES (déc. 2019)

Communiqué sur le projet de réforme du CAPES
6 décembre 2019

Le Bureau de la Société Française de Philosophie a pris connaissance avec inquiétude et consternation du projet de réforme du CAPES actuellement prévue pour la session 2022.

Ce projet articule étroitement les épreuves du CAPES à un master MEEF(1) rénové, dont la structure n’est pas actuellement précisée. La vérification des compétences académiques (disciplinaires) ne ferait plus l’objet que d’une épreuve écrite sur deux, et, pour partie, d’une épreuve orale sur deux. La seconde épreuve écrite serait consacrée à la présentation d’une séquence d’enseignement, la seconde épreuve orale à un entretien à caractère professionnel fortement axé sur la déontologie.

Ce dispositif appelle plusieurs remarques :

1. La maîtrise réelle des savoirs à enseigner est destinée à demeurer la condition première de tout enseignement efficace. Sa vérification exige des épreuves diversifiées, faisant suite à une préparation longue et intensive. Diminuer nettement le poids des épreuves relatives à ces savoirs dans le dispositif de recrutement reviendrait à compromettre l’investissement des candidats dans la préparation correspondante, ce qui ne pourrait manquer de retentir sur la qualité des enseignements.

2. En philosophie comme dans d’autres disciplines, de nombreux étudiants se présentent au CAPES sur la base d’un master préparé dans les départements universitaires. Or, ces épreuves à caractère professionnel n’auront de sens que pour des candidats ayant suivi la formation théorique et pratique dispensée dans le cadre des INSPÉ. Les candidatures au CAPES ne pouvant légalement être subordonnées à l’inscription dans un master MEEF, le dispositif proposé apparaît inadapté.

3. L’épreuve écrite à caractère professionnel est présentée de manière particulièrement navrante, comme exercice de sélection et de commentaire de ressources disponibles en ligne. Toute activité pédagogique est ainsi implicitement ramenée à « l’exploitation » de telles ressources, au mépris de ce qui constitue l’essentiel des tâches formatrices dans des matières telles que les mathématiques, les lettres ou la philosophie, comme dans nombre d’arts et techniques. La maîtrise par les professeurs de leur propre enseignement, en philosophie (où les nouveaux programmes rappellent qu’ils sont « les auteurs de leurs cours ») comme ailleurs, est directement incompatible avec cette évolution.

À l’évidence, la formation initiale et les dispositifs de recrutement et d’accompagnement des futurs professeurs du second degré sont à perfectionner. L’attractivité du métier d’enseignant doit être renforcée. Des remèdes doivent être trouvés à la crise du recrutement, très aiguë dans certaines matières. En l’état, le dispositif proposé n’apportera aucune réelle amélioration. Il apparaît plutôt de nature à préparer, sous couvert de professionnalisation de la fonction enseignante, sa déqualification généralisée.

La Société française de philosophie demande que ce dispositif soit profondément revu et que soit organisée sur l’ensemble de ces questions une discussion réellement ouverte.

1 – MEEF : métiers de l’éducation, de l’enseignement et de la formation.

Télécharger le communiqué en pdf.

Hommage à Didier Deleule du 25 mai 2019

Le 25 mai 2019, en ouverture de séance, la Société a rendu un hommage amical à son président, notre ami Didier Deleule décédé le 6 février 2019.

Ont pris la parole : Anne Baudart, Bernard Bourgeois, Laurent Jaffro, Catherine Kintzler, Eléonore Le Jallé.

Les textes des interventions sont téléchargeables :

On peut lire aussi, publiée en ligne le 15 février, une brève biographie de Didier Deleule par Emmanuel Picavet.

Christiane Menasseyre

La Société française de philosophie, son président, les membres du bureau,
ont la grande tristesse d’annoncer le décès de leur ancienne secrétaire générale et amie
Christiane MENASSEYRE
Inspectrice générale honoraire de l’Éducation nationale,
survenu le 29 juillet 2019.
Ils s’associent à la douleur de sa famille.

On lira un très bel hommage par Jean-Paul Jouary mis en ligne sur le site de Libération le 2 août.

Programme des conférences 2019-2020

Programme des conférences régulières 2019-2020

16 novembre 2019 : Anouk Barberousse (Sorbonne université) « Quelle place pour les données dans le raisonnement scientifique ?« 

18 janvier 2020 : Robert Pasnau (Univ. du Colorado) « Avant l’épistémologie. La quête prémoderne du savoir parfait« 

21 mars 2020 : Bruno Karsenti (EHESS) « Religion, politique et idéologie. Un regard de philosophie des sciences sociales »

23 mai 2020 : Souleymane Bachir Diagne (Columbia) « De l’universalisme »

Sur l’avenir de la philosophie et de la sociologie dans les universités brésiliennes

Sur l’avenir de la philosophie et de la sociologie
dans les universités brésiliennes

Le 6 mai 2019

La Société Française de Philosophie exprime sa très grande préoccupation à l’annonce des récentes déclarations du Président de la République du Brésil et du Ministre brésilien de l’Éducation, concernant l’enseignement de la philosophie et de la sociologie dans les universités fédérales brésiliennes.

Le projet de réduire drastiquement le financement public pour ces domaines de l’enseignement et de la recherche part d’un principe contraire à l’expérience en réduisant l’utilité sociale des savoirs à un rapide retour sur investissement. Contre toute tradition, il oppose entre elles les disciplines universitaires en affichant une priorité pour la formation des vétérinaires, des médecins et des ingénieurs.

Les départements de philosophie et de sociologie des universités brésiliennes sont des institutions particulièrement vivantes, dynamiques, et productives, tant sur le plan de la recherche que sur celui de l’enseignement. Elles sont reconnues dans le monde entier et particulièrement bien intégrées à la vie académique internationale. La coopération universitaire franco-brésilienne en philosophie a de fort longue date constitué un important axe d’échanges pour nos deux pays. De nombreux projets de recherche et programmes de formation communs ont été développés. Avec les mesures qui s’annoncent, cette ouverture et cette coopération internationale seraient gravement compromises.

En outre, l’annonce d’une brusque diminution du budget des universités fédérales, assortie d’une mise en cause de la qualité des activités d’enseignement et de recherches qui s’y mènent, ne fait que renforcer l’inquiétude de la communauté académique internationale.

Au nom de la conception libérale de l’enseignement et de la recherche qui a toujours fait l’honneur des universités partout dans le monde, au nom de la tradition de coopération franco-brésilienne dans le domaine universitaire, la Société Française de Philosophie se joint à toutes les voix qui, au Brésil comme hors de ses frontières, appellent le gouvernement brésilien à revenir sur ces décisions funestes.

Télécharger le texte en pdf.

38e Congrès de l’ASPLF 2020 organisé par la Société française de philosophie

Ainsi qu’une Lettre d’info l’a annoncé à nos adhérents début novembre 2018, l’assemblée générale de l’ASPLF (Association des Sociétés de philosophie de langue française), lors de son Assemblée générale tenue à Rio de Janeiro en mars 2018, a désigné la Société française de philosophie pour organiser son prochain Congrès bisannuel.

Le Congrès aura lieu du 25 au 29 août 2020 à Paris (EHESS) sur le thème « La participation. De l’ontologie aux réseaux sociaux ».

Le site internet spécialement dédié au Congrès avec les renseignements, appels à communications et inscriptions est ouvert.

Télécharger la notice n°1 en pdf

 

Didier Deleule

Notre ami Didier Deleule, président de la Société française de philosophie de 2009 à 2018, nous a quittés le 6 février 2019. Un hommage lui sera rendu lors de la séance du 25 mai 2019 et la Société organisera ultérieurement une séance consacrée à son œuvre. Les textes seront publiés.

Lire la biographie de Didier Deleule par Emmanuel Picavet.