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« Avant l’épistémologie. La quête prémoderne du savoir parfait » (par Robert Pasnau)

« Avant l’épistémologie. La quête prémoderne du savoir parfait »,
conférence du 18 janvier 2020 par Robert Pasnau, professeur à l’université de Boulder, Colorado.

De toutes les grandes branches de la philosophie, l’épistémologie est la plus étrangère à son histoire. Aujourd’hui, l’étude de la connaissance est l’une des questions fondatrices de la philosophie. Mais il n’en a pas toujours été ainsi – en effet, pendant de longues périodes, l’épistémologie (au sens que le terme a en langue anglaise, qui lui donne pour objet l’étude de la connaissance et de la croyance justifiée) paraît ne pas avoir été

Robert Pasnau

du tout une question philosophique importante, et encore moins fondatrice. Pour expliquer comment elle est devenue une question fondatrice en philosophie, je décris la formation d’une distinction entre la connaissance et la science – un développement qui a ses origines dans la désintégration de la métaphysique scolastique issue d’Aristote. Cela exige que l’on comprenne le cadre qui a orienté l’épistémologie durant une très grande partie de son histoire. Si cette histoire nous paraît étrange, c’est que nous avons perdu de vue le projet principal. Le projet qui, selon moi, a dominé l’histoire de nos théories sur la connaissance était de définir ce que j’appelle une épistémologie idéalisée. Plutôt que de se fixer comme objectif l’analyse de notre concept de connaissance, une épistémologie idéalisée aspire, en premier lieu, à définir l’idéal épistémique que les êtres humains pourraient espérer atteindre, et ensuite à repérer les diverses façons dont nous nous écartons souvent de cet idéal.

Pour l’histoire de l’épistémologie, le changement crucial s’est produit au début de la modernité quand les grandes figures intellectuelles du XVIIe siècle, en qui nous voyons désormais des scientifiques, ont articulé une conception nouvelle, post-aristotélicienne, de l’idéal épistémique. Plutôt que de désespérer du succès à la manière sceptique, ou de se résigner à un simple bénéfice pratique, ils ont défini un idéal qui renonçait au projet de la compréhension causale fondée sur la saisie des essences, et le remplaçait par le projet de la précision, caractérisé en termes mathématiques. La philosophie scolastique du Moyen Âge, en revanche, avait essayé d’explorer et d’identifier les formes substantielles et les qualités élémentaires qui fondent le monde naturel. Mais ce faisant, ces auteurs avaient rendu toute précision impossible, car ils avaient postulé l’existence d’entités qu’ils étaient incapables de caractériser avec quelque précision que ce soit. Il y a inévitablement un choix à faire entre ces ambitions. S’agit-il de rechercher la précision pour ce qui se trouve près de la surface ? Ou pouvons-nous aspirer aux profondeurs obscures ?

Si l’épistémologie – qui durant des siècles n’avait pas été du tout un objet spécifique – est maintenant devenue une question fondatrice de la philosophie, c’est que nous avons largement suivi la solution de John Locke à ce dilemme, en nous en remettant à la science quand il s’agit de savoir à quoi ressemble le monde et pourquoi il en va ainsi. Ainsi, la tendance philosophique dominante depuis trois siècles, du moins chez les philosophes de langue anglaise, a été de se concentrer sur les sujets qui relevaient autrefois de la logique dans son sens traditionnel large : l’étude de la connaissance, de la langue et des modèles d’inférence. Au lieu de la profondeur explicative, la philosophie a fini par privilégier, avant tout, la précision. Pourtant, il n’est pas trop tard pour nous demander si la philosophie doit céder le pas aux sciences dans la recherche des explications ultimes qui disent pourquoi le monde est tel qu’il est.

Robert Pasnau est résident de l’Institut d’Etudes avancées de Paris en 2019-2020.

Site web de Robert Pasnau.

Dernières publications

Derniers Bulletins parus  :

« Le monde sans nous. Réflexions sur le réalisme des Modernes » (Philippe Hamou) n° 2019 113 2

« Le monde : norme ou donné? » (Michaël Fœssel) n° 2019 113 1

« Editer Descartes aujourd’hui » (Table ronde) n° 2018 112 4

« Karl Marx penseur de l’émancipation » (Henri Pena-Ruiz) n° 2018 112 3

 

Revue de métaphysique et de morale dernier numéro paru :

« Rite et voix dans la philosophie antique » 2019/3 n° 103

 

 

n°2018 112 4Editer Descartes aujourd’hui. Table ronde

Séance du 17 novembre 2018
Exposés : Michelle Beyssade, Frédéric de Buzon, Denis Kambouchner, Emanuela Scribano.
Discussion : Marc Bedjaï, Philippe Casadebaig, Françoise Coursaget, Françoise Pochon-Wesolek.
Voir le résumé et les photos à la rubrique Conférences
Edité par Vrin

Hommage à Didier Deleule du 25 mai 2019

Le 25 mai 2019, en ouverture de séance, la Société a rendu un hommage amical à son président, notre ami Didier Deleule décédé le 6 février 2019.

Ont pris la parole : Anne Baudart, Bernard Bourgeois, Laurent Jaffro, Catherine Kintzler, Eléonore Le Jallé.

Les textes des interventions sont téléchargeables :

On peut lire aussi, publiée en ligne le 15 février, une brève biographie de Didier Deleule par Emmanuel Picavet.

Christiane Menasseyre

La Société française de philosophie, son président, les membres du bureau,
ont la grande tristesse d’annoncer le décès de leur ancienne secrétaire générale et amie
Christiane MENASSEYRE
Inspectrice générale honoraire de l’Éducation nationale,
survenu le 29 juillet 2019.
Ils s’associent à la douleur de sa famille.

On lira un très bel hommage par Jean-Paul Jouary mis en ligne sur le site de Libération le 2 août.

Sur l’avenir de la philosophie et de la sociologie dans les universités brésiliennes

Sur l’avenir de la philosophie et de la sociologie
dans les universités brésiliennes

Le 6 mai 2019

La Société Française de Philosophie exprime sa très grande préoccupation à l’annonce des récentes déclarations du Président de la République du Brésil et du Ministre brésilien de l’Éducation, concernant l’enseignement de la philosophie et de la sociologie dans les universités fédérales brésiliennes.

Le projet de réduire drastiquement le financement public pour ces domaines de l’enseignement et de la recherche part d’un principe contraire à l’expérience en réduisant l’utilité sociale des savoirs à un rapide retour sur investissement. Contre toute tradition, il oppose entre elles les disciplines universitaires en affichant une priorité pour la formation des vétérinaires, des médecins et des ingénieurs.

Les départements de philosophie et de sociologie des universités brésiliennes sont des institutions particulièrement vivantes, dynamiques, et productives, tant sur le plan de la recherche que sur celui de l’enseignement. Elles sont reconnues dans le monde entier et particulièrement bien intégrées à la vie académique internationale. La coopération universitaire franco-brésilienne en philosophie a de fort longue date constitué un important axe d’échanges pour nos deux pays. De nombreux projets de recherche et programmes de formation communs ont été développés. Avec les mesures qui s’annoncent, cette ouverture et cette coopération internationale seraient gravement compromises.

En outre, l’annonce d’une brusque diminution du budget des universités fédérales, assortie d’une mise en cause de la qualité des activités d’enseignement et de recherches qui s’y mènent, ne fait que renforcer l’inquiétude de la communauté académique internationale.

Au nom de la conception libérale de l’enseignement et de la recherche qui a toujours fait l’honneur des universités partout dans le monde, au nom de la tradition de coopération franco-brésilienne dans le domaine universitaire, la Société Française de Philosophie se joint à toutes les voix qui, au Brésil comme hors de ses frontières, appellent le gouvernement brésilien à revenir sur ces décisions funestes.

Télécharger le texte en pdf.

Hommage à Charles Galpérine (14 mai Collège de France)

Hommage sera rendu à notre collègue et ami

Charles Galpérine,

professeur émérite de philosophie et d’histoire des sciences à Paris I,
maître de conférences honoraire à l’Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques, membre sociétaire de la Société française de philosophie,

le 14 mai 2019, au Collège de France, amphithéâtre Budé, 16h00-18h00

Renseignements et inscriptions par mél :

emmanuel.gillesdepelichy@nordnet.fr
nathalie.depelichy@nordnet.fr

Bilan parutions RMM 2017-2018

7 numéros de la Revue de métaphysique et de morale ont été publiés pendant l’année 2017-2018 :

  • 2017 2 Varia
  • 2017 3 La Phénoménologie de Jan Patocka
  • 2017 4 Theodor Lipps (1)
  • 2018 1 Theodor Lipps (2)
  • 2018 2 Théâtre et philosophie
  • 2018 3 Varia
  • 2018 4 Karl Marx

On trouve les sommaires détaillés sur le site des PUF, ainsi que sur le site Cairn, où les articles sont accessibles en texte intégral.

 

AG extraordinaire et CA du 19 janvier 2019

L’AG extraordinaire des membres sociétaires du 19 janvier 2019 a procédé à l’élection définitive du nouveau membre du CA à la suite du décès subit de Gérard Jorland.
L’AG a élu Laurent Jaffro, confirmant ainsi le choix transitoire du CA réuni le 17 novembre 2018.

 

A la suite de cette élection, le CA s’est réuni afin de procéder à l’élection de deux membres du bureau.

On été élus :

Président : Denis Kambouchner

Trésorier : Laurent Jaffro

Les mandats du CA et du bureau expireront comme prévu en 2022 (Article 5 des statuts).

Télécharger le texte intégral du PV :

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